jeudi 20 juillet 2006
What changed ?
Publié à 07:31 par La rédaction dans la catégorie Dido
Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche
jeudi 20 juillet 2006
Publié à 07:31 par La rédaction dans la catégorie Dido
jeudi 1 décembre 2005
Tourné en 1996 au Daguestan, Le prisonnier du Caucase est un film saisissant, incroyablement émouvant. La mise en scène est absolument magistrale; Sergueï Bodrov donne une interprétation, un regard à la fois sensible et subtil sur le conflit éternel qui déchire la région depuis 150 ans.
Pas de Prisonnier en France
22 août 2004. Les Jeux Olympiques d'Athènes battent leur plein, c'est un véritable tourbillon d'athlètes qui déferlent sur les médias du monde entier. Des exploits sportifs, la beauté du geste, la beauté du spectacle. France 3 et son suivi permanent en direct d'Athens 2004. Les victoires, l'or des jeunes françaises, de Laure Manaudou (natation) à Emilie Lepennec (gym artistique) transportent d'enthousiasme les commentateurs. Une petite chaîne de télévision, Arte, a d'ailleurs prévu un Thema "sur les traces d'Ulysse" pour dimanche. La grèce antique, la mythologie nous entourent, comme dans un rêve pour toute cette belle civilisation antique... présentée naturellement sous le jour le plus radieux qui soit.
Pourtant, le soir du 22 août, la petite chaîne Arte a programmé un petit film bien discret, seulement remarqué par l'hebdomadaire La Vie et par l'Humanité (article ici)
Présenté à la semaine des réalisateurs à Cannes en 1996, aux Oscars en 1997, le Prisonnier du Caucase est sorti en 1997 dans le monde entier... sauf en France. L'explication est assez confuse, elle vient d'un litige entre la production et les salles françaises qui ont jugé les producteurs trop exigeants et ont donc boycotté le film. En 2002, les revendications financières du producteur avaient naturellement baissé, mais seules quelques rares salles parisiennes "Art et essai" l'ont mis à l'affiche. Ainsi, c'est grâce à la chaîne franco-allemande que j'ai découvert, comme vous peut-être, le Prisonnier au beau milieu des JO du mois d'août 2004.
Un regard authentique sur les conflits du Caucase
Jiline est un jeune soldat russe qui fait son service militaire. Vania, soldat plus expérimenté, n'aime pas l'armée qui le prive de sa vocation pour le théâtre. Ils font partie du même corps, qui patrouille dans la région à bord de véhicules blindés. Quelle région d'ailleurs ? Tchétchénie ? Peut-être, mais n'oublions pas que le film a été conçu bien avant que le conflit éclate. Le hasard, ou plutôt le scénario, fait que tout deux sont capturés par des partisans locaux. Ils sont les seuls survivants du véhicule, gardés en vie comme monnaie d'échange. En effet, le fils du patriarche est retenu prisonnier par l'armée russe, c'est pourquoi le père épargne Jiline et Vania et les conduit enchaînés jusqu'au village d'altitude.
On découvre peu à peu les subtilités des traditions locales, le désir d'indépendance, les trafics, tous ces systèmes qui s'entremèlent avec la guerre. On comprend. Il n'y a pas de parti pris, et c'est peut-être la grande force du film de donner une vision vraiment neutre. L'absurdité du conflit devient alors une évidence révoltante, particulièrement lorsqu'on voit les prisonniers fraterniser avec leurs ravisseurs. Vania n'aime pas la guerre, il plaisante avec avec leur gardien, mais rêvera toujours de pouvoir l'égorger. Jiline est plus innocent, il aime ce peuple qui pourtant aurait pu le tuer.
A cette trame s'ajoute une gradation dramatique jusqu'aux dernières secondes. Au fur et à mesure que les minutes s'écoulent, l'enjeu devient vital. On goûte avec ferveur tous les morceaux de vie qui s'offrent encore. La mise en scène très académique, le tournage dans un vrai village du Daguestan renforce cette sensation d'authenticité. Quelques plans sont des modèles du genre, notamment lorsque chaque prisonnier observe par les fenestrons de la grande porte bleue de la grange-prison.
Film sensible ou grand film ?
Avec la reprise de la guerre en Tchétchénie, chacun a vu dans le Prisonnier une vocation de ce conflit. Serguei Bodrov explique pourtant avoir voulu faire un film sur une histoire vieille de plus de 150 ans
. Effectivement, il n'y a guère que le blindé et le bitume de la route qui différencient le pays d'il y a 150 ans de celui d'aujourd'hui. Le réalisateur affirme qu'il s'est délibérément inspiré d'une nouvelle de Léon Tolstoï, La captive du Caucase. Mais il a ajouté sa sensibilité, avouant notamment s'être laissé envoûter par l'endroit. Dina, une jeune fille native du village, n'avait aucune expérience cinématographique lorsque Bodrov l'a choisie. D'autre part, les scènes extérieures sont visiblement empreintes de la passion de l'auteur pour ces paysages de montagne absolument sublimes.
Le film commence avec une gaieté qui transparaîtra dans toute l'oeuvre. C'est une gaité étrange, teintée de désillusion, à l'image de l'esprit global: tout est effleuré, les interrogations, les paradoxes se fondent dans le fil du temps. Serguei Bodrov, témoin des affrontements entre les minorités de Russie du Sud, aurait-il pris le parti d'en rire ? Non, la guerre atroce qui déchire ces peuples si proches n'a rien de drôle, vraiment rien. La gaieté s'exprime ici parce que le sourire devient le seul moyen de vivre en supportant sa condition de soldat russe avec un passeport pour la mort. Comme une résignation. Ou un espoir.
Liens
Publié à 20:33 par La rédaction dans la catégorie Cinéma
mercredi 6 juillet 2005
Lors de la sortie de Life for Rent, il n'a pas fallu longtemps pour que l'on entende la critique évidente: ça devient commercial, ils ont trouvé quelque chose qui marche et maintenant ils font du fric avec.
Soit, mais avouons qu'en écoutant un tel langage, on a tout de suite l'impression que ceux qui achètent encore les disques sont de grands nigauds qui se sont fait avoir par la pub, par le business, ou que sais-je encore...
Disques ou concerts, finances au beau fixe
Les chiffres parlent d'eux mêmes en ce qui concerne les ventes d'albums: 12 millions d'albums pour No Angel dans le monde et 8 millions pour Life for Rent. Dido fait donc partie des principales sources de financement de ses éditeurs et distributeurs, en l'occurence Arista Records® et BMG Entertainement®. En janvier dernier, Dido a d'ailleurs été sacrée Recordwomen des ventes d'albums au Royaume-Uni pour le XXIeme siècle (évidemment, elle a encore le temps d'être détronée d'ici 2100...) mais il faut reconnaître que la performance est de tout premier ordre. No Angel se classe 1er des ventes tandis que Life for Rent occupe la 3eme place, selon un classement de UK industry bible MUSIC WEEK prenant en compte les ventes depuis l'an 2000.
Si le succès a rapporté beaucoup d'argent à la production, il faut bien avouer que Dido a sans doute également accumulé une jolie somme. D'ailleurs, une rumeur a défrayé la chronique l'été dernier: selon celle-ci, Dido aurait intenté un procès à Eminem qui avait samplé Thank you pour son titre Stan sans que Dido ne touche de royalties. Le démenti des deux parties est arrivé à temps car le scandale commençait tout de même à grossir... et parmi les fans de Dido, la colère grondait: Aurait-elle oublié que Stan l'a révélée au grand public ?
. Il est finalement probable que cette rumeur ait été lancée volontairement dans la presse afin de nuire à l'image de la chanteuse. Dido, que l'on se rassure, ne manque pas d'argent.
C'est pourquoi la comparaison avec les autres "stars" est inévitable. On ne compte plus ceux ou celles qui ont sombré dans la drogue, l'infantilisme, ou la dépense compulsive, victime du "choc psychologique" provoqué par l'arrivée brutale des millions de dollars. Or, même si elle reconnaît que l'alcool est son péché mignon, elle a arrêté de fumer justement pour préserver ses cordes vocales.
Le succès financier est d'autant plus grand que les dépenses de marketing n'ont pas été énormes, du moins dans les premiers temps. Quelques clips pour No Angel, voilà tout. Pas d'énormes affiches dans les gares, pas de partenariat avec Mac Donald®, au bout du compte une campagne de pub classique et somme toute assez discrète. Alors comment Dido a-t-elle pu atteindre un si grand nombre de personnes à travers le monde ? La réponse est toute naturelle: la radio. Ce moyen de diffusion est une clé du succès, car il est omniprésent dans les transports, les commerces etc... Cependant, la diffusion radiophonique des "tubes" de Dido est exceptionnelle, car elle concerne toutes les catégories, de France Culture à Fun Radio en passant par NRJ, Europe 2, RTL, France Inter et bien sûr les radio locales. C'est la preuve que le style de Dido transcende les générations, les modes de vie, les classes sociales. Musique d'ambiance, chanson intimiste, Dido a envahi notre univers d'une manière si naturelle que personne ne s'est insurgé contre cet ouragan qui portait en lui un calme, une douceur agréable.
Un succès en profondeur
Le succès de Dido ne se réduit pas aux ventes de disques, mais j'ajouterai un mot à ce sujet. Les ventes records concernent les albums et non pas, comme c'et souvent le cas, les singles. Pour chaque opus, près de la moitié des titres ont été publiés en version single, mais les ventes se sont révélées assez faibles, et cela pour une raison simple: les gens qui aiment Dido avaient déjà acheté l'album. Voici donc une première preuve de l'intérêt profond que le consommateur porte à l'oeuvre de Dido: nous ne sommes pas ici dans une logique de consommation de musique "jetable", que l'on écoute en boucle pendant un mois et que l'on a totalement oublié un an plus tard. C'est aussi la preuve que la logique habituelle de la musique commerciale n'est pas de mise: l'achat de l'album implique que l'on aime plusieurs titres et non pas un seul qui accroche l'oreille tandis que les autres n'ont aucun intérêt. Le succès de Dido tient notamment au fait que chaque chanson est le fruit d'une recherche artistique, les paroles comme l'instrumental font l'objet d'un réel travail de composition. Au final, la chanson est empreinte d'un état d'âme, d'une harmonie spécifique tout en étant parfaitement intégrée à la tonalité de l'ensemble. Il devient même délicat de sélectionner un "titre phare".
Parallèlement, le Dido Live Tour 2004 a confirmé la présence de fans dans de nombreux pays, et tout particulièrement en France. Les deux concerts annulés au Zénith de Paris (27 et 28 octobre 2004) ont provoqué une immense déception parmi les fans de la capitale, alors qu'il avaient déjà envié durant l'été les spectateurs de Lille ou de Nîmes. Un concert de Dido porte un style en lui-même, surtout lorsqu'il se déroule dans un théâtre antique, ce qu'elle préfère. L'accent est mis sur la mise en scène, sur la beauté de l'ambiance visuelle et sonore. Il ne s'agit pas de servir du son aux gens parce-qu'ils ont payé et de finir au plus vite pour aller faire la fête entre stars. Dido n'est pas une bête de scène, elle n'est pas là pour faire de la performance, mais pour partager sa joie d'être ce qu'elle rêvait et de rencontrer ceux qui l'aiment, parfois même sans comprendre l'anglais.
Une vocation pour la composition musicale
On le voit lors des concerts, son aisance face au public, ses sourires, sa simplicité prouve son plaisir d'être là, de donner à entendre ce qu'elle a écrit, mais sans se prendre au sérieux. La place laissée à l'improvisation est assez grande, un peu dans le style Jazz: parfois elle s'empare spontanément de sa guitare ou s'assied au piano. Même si de telles éventualités sont prévues à l'avance, il y a un caractère encore plus authentique et spontané que sur les CDs, un peu trop policés par le traitement en studio. Les photos de Dido visitant Arles en vélo laissent rêveur, on voit bien qu'elle a su garder cette fraîcheur, cette curiosité, cette joie de la découverte et cet amour de la vie la plus naturelle du monde.
Il semble que la création, l'invention soient pour Dido un leitmotiv. Visiblement, elle considère que l'inattendu lui porte chance. Le second album il est vrai, était assez proche du premier tout en étant plus abouti, mais il y a fort à parier que son style évoluera pour ses prochains disques. Cette année 2005 est une quête d'inspiration à travers des régions qu'elle connaissait peu, comme la Nouvelle Zélande, l'Amérique du Sud ou la Canada. Dido, empreinte de toutes ces influences, devrait une fois de plus arriver de l'arri�re, de l� o� on ne l'attend pas, comme elle aime le rappeller. De plus, elle a su se faire oublier, se mettre discr�tement au travail, pour revenir à l'improviste, une fois qu'elle aura donné corps à sa nouvelle œuvre. Quelque soit le succès que je rencontre, je continuerai à co
mposer et à enregistrer des albums
déclare-t-elle sur son forum, avouant sa passion avec vérité et simplicité. Comme pour Manu Chao, l'argent semble n'être pour elle qu'un moyen d'accomplir son rêve. Et le succès peut aussi être un moyen d'aider les autres, comme le prouve son engagement dans le Baid Aid 20 en 2004 avec la chanson Do they know it's christmas; puis au Live 8 de Londres et Paris début juillet. Ces concerts étaient respectivement au profit du Darfour et en faveur de l'engagement du G8 pour un commerce plus équitable avec les pays en développement.
Dido est manifestement épanouie en tant que chanteuse, mais la fille de Londres ne s'est pas laissée griser par le succès. Ce qu'elle aime, c'est composer, chanter, jouer, voyager, s'engager, et comme elle le dit si bien, c'est fatigant, mais quel job merveilleux !
Publié à 13:07 par La rédaction dans la catégorie Dido
Ce blog est plus qu'un module d'actu comme celui que l'on peut trouver sur la page d'accueil. Il permet la publication rapide d'articles plus longs, de reflexions plus globales.
N'oubliez pas d'y laisser vos impressions, vos remarques, vos pensées... Ce blog, c'est un peu l'humeur vagabonde :-)